lundi 10 décembre 2012

"Une nouvelle occasion manquée »



La deuxième période d’engagement du protocole de Kyoto est sur les rails, les « jalons » sont posés pour un accord contraignant à long terme, la question de la réparation des « pertes et dommages » générés par les changements climatiques est à l’agenda de la prochaine réunion… Oui mais soyons clairs : si l’on en revient à l’objectif premier, limiter le réchauffement à un niveau susceptible de nous éviter des impacts néfastes majeurs et irréversibles, Doha est un échec. Un de plus.
Sous réserve de précisions – sans être soi-même négociateur, il est fort difficile de connaître et comprendre toutes les finesses du processus -  voici ce qu’on peut ressortir de Doha en très peu de lignes :
1.       La deuxième période d’engagement du protocole de Kyoto est confirmée. Elle s’étalera de janvier 2013 à décembre 2020, avec moins de pays liés par des obligations de résultats : les Etats-Unis ne sont bien sûr toujours pas de la partie, le Canada s’est retiré, de même que la Russie, le Japon et la Nouvelle-Zélande.  Restent en lice l’UE et ses membres,  plus dix pays, dont l’Australie, la Norvège, la Suisse  et l’Ukraine. Les objectifs sont très largement insuffisants au regard des projections climatiques. On s’engage à les « réexaminer » à la hausse en 2014, lors de la prochaine publication du rapport du GIEC. Enfin, les surplus de quotas d’émissions allouées en excès à certains pays lors de la première période et aujourd’hui détenus en masse par des pays qui y voient une belle manne d’argent facile, comme la Russie, la Pologne et l’Ukraine, ne sont pas retirés du marché, même si l’UE, l’Australie et d’autres se sont engagés à ne pas y avoir recours.
2.       Les pays en voie de développement, auxquels a été promise une somme annuelle de 100 milliards de dollars à titre d’aide dans les politiques climatiques, à partir de 2020, exigeaient une trajectoire fixant les montants intermédiaires. Refusé, hors quelques engagements unilatéraux. La question du financement des dégâts générés par le changement climatique (« Pertes et dommages ») est inscrite à l’agenda de la prochaine conférence (Varsovie, 2013). Le Sud a poussé, malgré la forte résistance des Etats-Unis, entre autres. Pour quels résultats l’an prochain ? à voir…
3.       Les travaux préparatoires à un accord global contraignant, à signer en 2015 (mise en œuvre 2020) se sont poursuivis, plus en termes organisationnels que de contenu.

Quelles conclusions tirer de cela ? Qu’il est urgent de travailler là où peut. Ici, en Belgique, dans nos entreprises, dans nos administrations, à travers nos politiques et dans comportements. J’ai toujours été un fervent défenseur des approches normatives, réglementaires, multilatérales, mais il devient évident que ces processus-là seront bien trop lents. Malgré le travail exceptionnel de certains négociateurs, le processus climatique piétine, en dépit de tout bon sens. La fuite en avant déjà évoquée en témoigne. Ronald Jumeau, négociateur pour les Seychelles,  a résumé l’absurdité de la situation en s’adressant au représentant américain, il y a quelques jours : « Si nous avions plus d’ambitions [de la part des pays riches, dans leurs politiques de diminution des émissions], nous n’aurions pas demandé autant d’aide pour nous adapter [au changement climatique]. Si les moyens avaient été suffisants pour l’adaptation, nous ne serions pas à la recherche de moyens pour compenser les dégâts subis. Quelle est l’étape suivante ? La compensation pour la perte de nos îles?” [1]


[1] Cité par « The Guardian », 8 décembre 2012. 


mercredi 5 décembre 2012

Les paradis fiscaux, unis pour un monde meilleur


« Side event » ce lundi matin, organisé par différentes universités et institutions, sur l’avenir des mécanismes de marché du carbone. On nous explique longtemps les pistes étudiées pour pallier aux déficiences majeures constatées jusqu’ici. J’ai plutôt l’impression d’assister à une démonstration par l’absurde : soigner le climat par le marché, c’est contre nature. Pas expert de la question, je ne peux pas vraiment me prononcer, mais j’en sors perplexe.

A la sortie, les autres membres de la plateforme « justice climatique » nous propose de co-rédiger une lettre au ministre Vanackere, qui se rend le lendemain au conseil Ecofin. Le moment de lui rappeler nos positions en matière de financement de la transition juste, grâce entre autres aux revenus qui seront générés par la taxe sur les transactions financières.

A 13h, excellente conférence de presse du Climate Action Network, qui met en avant les responsabilités écrasantes des pays développés dans l’enlisement des négociations, en détaillant les enjeux. Un petit déséquilibre à mon sens : les pays émergeants s’en sortent quasiment sans critiques, tout comme d’ailleurs le pays hôte et plusieurs de ses voisins, dont la responsabilité, les moyens d’actions et de financement sont pourtant énormes.

Moment plus officiel le soir, enfin, avec une séance plénière de bilan convoquée par le président. Après un état d’avancement des différents groupes de travail (inutile de vous faire un topo à ce stade, autant attendre le résultat final dans 3 jours), les porte-paroles de différents pays ou groupes prennent la parole. Plusieurs critiques de l’attitude des pays développés, de la part entre autres du groupe AOSIS (Alliance des Petits Etats Insulaires), du « G77+Chine » et des pays africains. Mais c’est la représentante du Vénézuela qui est la plus explicite : les pays développés devraient avoir pour absolue priorité de réduire leurs émissions, mais tout ce qu’on voit, ce sont des mécanismes de marché qui enrichiront les riches. La Bolivie enchaine dans le même sens.

Autre intervention notable, celle de la Suisse, au nom du « Groupe de l’intégrité environnementale ». Un peu dépassé, je pensais qu’il était toujours constitué de la Suisse, donc, de la Corée du Sud et du Mexique. J’ignorais la présence de deux nouveaux membres : Monaco et le Lichtenstein. Les paradis fiscaux se mobilisent pour un monde meilleur, je rêve ! Le financement de l’adaptation est une des principales pierres d’achoppement ici, et le Lichtenstein, Monaco et la Suisse viennent nous parler d’intégrité environnementale. Ça n’a l’air de faire tiquer personne, en plus.

On ne résoudra ni la crise environnementale ni la crise sociale sans s’attaquer à leurs racines, dérives de la finance en tête. Dans ce processus climatique, on est tout à l’inverse, et ceci en est sans doute le plus bel exemple.  Du coup, un peu sonné, je n’ai pas écouté ce qu’il disait, le monsieur. Désolé…

mardi 4 décembre 2012

Un peu de détente...

Un peu de détente avec cette photo quelque peu surréaliste.  Devinez où se trouve l'appartement de Goldorak...

Doha, c'est un énorme chantier en perpétuelle évolution.

lundi 3 décembre 2012

L'histoire des négociations sur le changement climatique en 83 secondes.

A côté de la conférence …

Bureau de recrutement pour
travailleurs migrants
Plusieurs rencontres intéressantes ces deux derniers jours. Vendredi matin, après la réunion de 7h15 qui se tient quotidiennement avec la délégation belge, le taximan éthiopien nous parle un peu de lui. Arrivé il y a deux ans, il travaille onze heure par jour, 6 jours par semaine. Des conditions de travail pourtant sans aucun doute moins pénibles que pour beaucoup d’autres, travailleurs/euses domestiques ou employés du secteur de la construction, par exemple. Pourquoi avoir quitté l’Ethiopie ? Parce qu’il n’y a pas de travail là-bas, bien sûr. Et le Qatar lui permet d’exercer son culte sans difficulté, nous dit-il (il est chrétien). La conférence apporte des clients mais il ne sait pas trop de quoi on y parle. Pour ce qui est de l’avenir, il ne sait pas, «  I have no plans »…

Passage ensuite par une information organisée entre autre par la CSI dans le cadre de la campagne pour les droits des travailleurs migrants, lancée après le choix du Qatar comme pays hôte de la coupe du monde de football 2012. Pendant le pique-nique qui suit, autre conversation avec un syndicaliste népalais, qui m’explique comment il a été emprisonné puis expulsé de Corée il y a 12 ans, alors qu’il essayait d’y créer un syndicat pour les travailleurs migrants. La situation a évolué depuis, et il veut apporter son expérience ici, pour aider à engendrer la même évolution.

Le lendemain, première « manifestation » autorisée sur le territoire Qatari. J’ai un peu hésité : en fait de manif, il s’agit plus d’un événement soigneusement encadré par les autorités, dont la publicité est faite partout, y compris sur la page d’accueil du site officiel de la conférence.


Délégation syndicale
Organisé sur un tronçon de route entre la mer et les bâtiments les plus clinquants de la ville, un aller-retour entre deux séries de barrières Nadar. Une collègue du mouvement Nord-Sud me dit que ça sent l’annonce par le Qatar d’un engagement de réduction de ses émissions à la fin de la semaine. Bien vu, à mon avis. Le taximan qui m’emmène est indien, ingénieur civil sans beaucoup de travail depuis 3 ans mais lié à son employeur par le système de « sponsoring », qui l’empêche d’aller voir ailleurs. Il ne se plaint pas pour autant et me dit que son chef est quelqu’un de bien. Une chose me frappe : comme son collègue éthiopien rencontré la veille, il met l’accent sur une chose : la température en été, invivable. Pourtant, c’est en été qu’elle augmentera le plus : 5, 6°c voire plus d’après les projections actuelles, en l’absence de mesures fortes. Doha gonfle aujourd’hui à vue d’œil, mais combien de gens vivront encore ici dans quelques décennies ? 

Au centre de conférence lui-même, je me rends surtout à des « side events », organisés en marge de des réunions officielles par des ONG, et bien sûr à celui tenu vendredi à l’initiative de la CSI, sur le thème du financement des politiques climatiques. Climat et pauvreté, transports, … On apprend des choses mais j’ai du mal à me départir d’un sentiment désagréable, déjà présent avant mon départ.  « Time to act !» C’est le slogan qu’on entend le plus depuis des années quand on parle du climat. Bien sûr, il faut que la société civile soit présente pour tenter d’influencer les décideurs, faire sentir la pression, mais est-ce qu’une partie de ceux qui sont ici – moi compris - ne devrait pas le mettre en pratique, en travaillant concrètement à la transition juste et en économisant au passage le bon paquet de CO2 émis pour venir se rassembler dans le désert ?

Je n'ai pas grand chose à dire sur le déroulement des négociations elles-mêmes: aucun résultat concret n'a encore été atteint, ni sur la deuxième période d'engagement du protocole de Kyoto et l'Action coopérative à long terme, pour lesquels les négociations doivent pourtant être menées à terme cette semaine, ni dans le cadre de l'ADP (accords global contraignant à finaliser pour 2015 au plus tard).

Pas mal de lassitude chez les gens qui suivent le processus depuis longtemps, et un constat récurrent: à force de créer en permanence de nouveaux outils, parce ceux en place ne permettent pas d'en sortir, le tout devient incompréhensible et ingérable.

jeudi 29 novembre 2012

La fuite en avant (et un peu d’optimisme à la fin)

Il a fallu attendre 1997 pour voir signer le protocole de Kyoto, et atteindre enfin une reconnaissance internationale du caractère vital de la baisse de nos émissions de gaz à effet de serre.
A l’époque, beaucoup refusaient de parler d’adaptation au changement climatique ; il s’agissait de faire baisser les émissions, de « régler le problème ». Se préparer à s’adapter, c’était anticiper l’échec, et il en était hors de question. Bien vite, on s’est rendu compte que les choses iraient bien trop lentement, que le processus était déjà bien trop avancé, et qu’il allait falloir se préparer. Les politiques d’adaptation ont pris depuis une place de choix dans les négociations.

L’étape suivantes, initiée il y a quelques années, est à l’agenda de beaucoup de participants à la conférence de Doha.  « Loss and damage », pour « pertes et dégâts » générés par les modifications du climat, quoique l’on fasse dorénavant. Parce que chacun joue toujours à protéger son pré carré,  que les émissions augmentent tous les ans - pas de taxe sur les transactions financières pour soutenir la transition, parce qu’il faut protéger la City - pas de réduction ambitieuse parce que j’ai du charbon - pas d’objectif pour moi parce que c’est toi qu’as commencé, oui ben pour moi non plus parce que c’est moi qui décide... - et qu’en conséquence l’adaptation elle-même ne suffira plus.

Pertes de rendements agricoles, sécheresses, inondations et autres événements climatiques…  Les  pays et les populations les plus vulnérables au sein de ceux-ci, seront les premiers à … ne pas payer, car ils ne pourront pas. Plusieurs acteurs exigent donc que soit mis en place un mécanisme qui leur vienne en aide, une sorte de caisse d’assurance alimentée par les plus responsables et les plus capables. Et bien sûr ces aspirations sont légitimes, et bien sûr nous devons les soutenir fortement, c’est une évidence. Mais dans quelle situation pathétique se sont mis les grands émetteurs, qui continuent à promouvoir, voire subventionner, des modèles économiques  tellement destructeurs, pour en arriver à ces extrémités…

En dehors de ça, difficile de se prononcer sur l’état des négociations après cette journée, tout est encore très lent, les informations parfois contradictoires, mais de manière générale elles n’incitent pas à un grand optimisme.

Sinon, je viens de recevoir le lien vers le petit film « Sing for the Climate ». Pour être honnête, j’étais franchement négatif quand j’ai entendu parler de l’initiative, l’impression que des actions gentillettes comme celle-là ne servaient à rien.  Mais je me suis trompé et ça m’a fait du bien de regarder ça. Bravo au CNCD et à 11.11.11 pour leur énergie.

le clip "Sing for the Climate"

mercredi 28 novembre 2012

La réalité du travail au Qatar...


La population du Qatar a triplé en 10 ans, pour atteindre aujourd’hui près de 2 millions de personnes, dont 20 % à peine de nationaux, et 76% d’hommes . La raison ? Doté de richesses colossales grâce à son sous-sol (PIB/habitant le plus élevé au monde) , le pays est pris d’une frénésie de construction et de développement des infrastructures, assurées presque exclusivement par des migrants venus d’Asie du Sud (Bangladesh, Nepal, Inde, …). Et dans quelles conditions : souvent exploités, menacés, sans droit de se syndiquer, ils doivent faire face, selon l’association Human Rights Watch, à des « frais de recrutement exorbitants, qu'il faut parfois des années pour rembourser », à « la fréquente confiscation du passeport de l'employé par l'employeur », et aux « restrictions imposées par le système de parrainage en vigueur au Qatar, qui donne aux employeurs un pouvoir démesuré sur leurs salariés. »

mardi 27 novembre 2012

C’est plus grave que ce qu’on vous dit… mais on peut s’en sortir !


Pierre Larrouturou me pardonnera d‘avoir emprunté le titre de son dernier livre  : je n’ai pas trouvé mieux. Il s’attaque aux dérives économiques et sociales, et on parle ici du changement climatique, mais le constat est le même et – mieux ! – les solutions qu’il avance sont très pertinentes également. Pas étonnant, en réalité. Absences ou rupture des solidarités, inégalités insoutenables, consommation érigée en valeur première : aux mêmes maux les mêmes remèdes…

Petite mise en contexte : la population du Qatar a triplé en 10 ans, pour atteindre aujourd’hui près de 2 millions de personnes, dont 20 % à peine de nationaux, et 76% d’hommes . La raison ? Doté de richesses colossales grâce à son sous-sol (PIB/habitant le plus élevé au monde) , le pays est pris d’une frénésie de construction et de développement des infrastructures, assurées presque exclusivement par des migrants venus d’Asie du Sud (Bangladesh, Nepal, Inde, …). Et dans quelles conditions : souvent exploités, menacés, sans droit de se syndiquer, ils doivent faire face, selon l’association Human Rights Watch, à des « frais de recrutement exorbitants, qu'il faut parfois des années pour rembourser », à « la fréquente confiscation du passeport de l'employé par l'employeur », et aux « restrictions imposées par le système de parrainage en vigueur au Qatar, qui donne aux employeurs un pouvoir démesuré sur leurs salariés. »

L’environnement ? Champions du monde des émissions de gaz à effet de serre  avec  des émissions par habitant près de trois fois supérieures à celles des américains, plus de 100 fois supérieures à celles de plusieurs pays africains, les Qataris consomment également plus d’eau que quiconque. Une eau issue des usines de dessalement, au prix entre autres d’un processus extrêmement énergivore…
Et c’est donc au Qatar qu’on organise la 18ème conférence des Nations unies sur le Climat….
Pour les syndicats, qui ont intégré politiques de justice sociale et stratégies de protection de l’environnement en un seul concept - la transition juste - la pilule est amère. Mais même si le discours finit par lasser, on ne peut pas laisser tomber. La question n’est pas de savoir si on va éviter de sérieux problèmes environnementaux et les crises sociales qui les accompagneront, dans les décennies qui viennent : il est trop tard pour cela. La marge dont on dispose est pourtant encore énorme : en fonction des actions entreprises ces prochaines années, dégâts et crises seront relativement gérables ou ne le seront pas.

Un des enjeux principaux à Doha sera la deuxième période d’engagement du protocole de Kyoto, qui fixera les objectifs quantifiés de réduction d’émissions pour les pays industrialisés participants (toujours pas d’Etats-Unis, pas de Canada non plus, et d’autres incertitudes), pour une période de 5 ou 8 ans. Un accord convaincant est essentiel, et fait figure d’étape importante pour entrainer les autres pays du monde dans un effort global. Un deuxième enjeu est en effet l’élaboration du cadre qui fixera les règles du nouveau régime climatique, global et contraignant pour tous, à adopter en 2015 pour une mise en œuvre en 2020.

Bien sûr, le succès de la conférence dépendra, entre autres, des résultats obtenus sur ces deux dossiers (la question du financement, par exemple, sera également essentielle). Mais il dépendra aussi des critères sociaux qui auront été pris en compte – ou non - dans les décisions. Sans respect des droits humains, sans respect général des normes établies par l’Organisation Internationale du Travail, la politique climatique ferait fausse route. Nous sommes bien sûr particulièrement attentifs à ces aspects.
Quant aux chances de succès de ce sommet, on a appris à être très prudents, bien sûr. D’un côté, certains signes incitent à un peu d’optimisme. Les scientifiques, puis les associations et la société civile ont eu jusqu’ici eu beaucoup de mal à se faire entendre. Aujourd’hui, ce sont des institutions comme la Banque Mondiale et l’Agence Internationale de l’Energie qui lancent chacune un appel à la raison . C’est regrettable, mais elles seront peut-être plus audibles, y compris par certains pays faisant preuve jusqu’ici de mauvaise volonté.  De l’autre, la plupart des participants à la conférence arrivent les mains vides et, même si la « transition juste » est un objectif explicite des accords de Cancun, rien n’indique à ce jour une volonté réelle de faire évoluer de concert progrès social et action environnementale.

Le chiffre : 30 milliards de dollars.
C’est le montant promis à Copenhague par les pays « développés » pour aider les pays « en voie de développement » à financer leurs efforts d’atténuation et d’adaptation au changement climatique sur la période 2010-2012, dans le cadre du mécanisme « Fast Start ». Des promesses loin d’avoir été tenues intégralement à ce stade, y compris par la Belgique. 
A titre de comparaison, les investissements en infrastructures et dans le secteur énergétiques spécifiquement liés à l’organisation de la coupe du monde de football, en 2022, sont estimés à 80 milliards de dollars par la Banque Commerciale du Qatar . La construction de 12 stades couverts et climatisés, dans lesquels les équipes s’affronteront par une température extérieure dépassant les 40°c, s’accompagnera d’investissements massifs dans les infrastructure de transports, la capacité hôtelière, …
Ecœuré(e) ?




[1] Ministère de l’économie et des Finances, République française - http://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/qatar
[1] Voir entre autres http://www.banquemondiale.org/fr/news/2012/11/18/new-report-examines-risks-of-degree-hotter-world-by-end-of-century et http://www.iea.org/newsroomandevents/news/2012/august/name,30638,en.html

Contribution syndicale pour la conférence de Doha

Malgré la crise, la CSI (Confédération syndicale internationale) n’abandonne pas la lutte pour le climat, et à Doha, intègre aussi le défi de donner davantage de visibilité aux travailleurs migrants, qui font face a des terribles conditions de vie et travail au Qatar...

Téléchargez la contribution syndicale pour la conférence.

lundi 26 novembre 2012

18ème conférence sur le climat - nos priorités.

Du 26 novembre au 7 décembre se tient la 18ème conférence des Nations-Unies sur le climat. Difficile d’être enthousiaste au vu des nombreuses désillusions rencontrées depuis la fin des années 90 et la signature du protocole de Kyoto, d’autant que le pays hôte – le Qatar – se distingue par le mépris des droits des travailleurs, le niveau d’émissions de gaz à effets de serre par habitant de loin le plus élevé au monde et une attitude traditionnellement réfractaire à toute avancée sur le dossier climatique.

Tout en marquant sans aucune ambiguïté son désaccord par rapport au choix de localisation de la conférence, la  CSC sera pourtant présente pour tenter de faire entendre la position syndicale.
La crise environnementale qui se prépare est synonyme de crise sociale majeure et globale ; elle doit à ce à ce titre devenir une matière syndicale de premier plan.

Nos priorités : la mise en route de la deuxième période d’engagement du protocole de Kyoto, un cadre global contraignant à définir avant 2015, qui entrainera une action mondiale, et un travail décent et de qualité comme axe central de la transition vers une société « bas-carbone ».