mercredi 5 décembre 2012

Les paradis fiscaux, unis pour un monde meilleur


« Side event » ce lundi matin, organisé par différentes universités et institutions, sur l’avenir des mécanismes de marché du carbone. On nous explique longtemps les pistes étudiées pour pallier aux déficiences majeures constatées jusqu’ici. J’ai plutôt l’impression d’assister à une démonstration par l’absurde : soigner le climat par le marché, c’est contre nature. Pas expert de la question, je ne peux pas vraiment me prononcer, mais j’en sors perplexe.

A la sortie, les autres membres de la plateforme « justice climatique » nous propose de co-rédiger une lettre au ministre Vanackere, qui se rend le lendemain au conseil Ecofin. Le moment de lui rappeler nos positions en matière de financement de la transition juste, grâce entre autres aux revenus qui seront générés par la taxe sur les transactions financières.

A 13h, excellente conférence de presse du Climate Action Network, qui met en avant les responsabilités écrasantes des pays développés dans l’enlisement des négociations, en détaillant les enjeux. Un petit déséquilibre à mon sens : les pays émergeants s’en sortent quasiment sans critiques, tout comme d’ailleurs le pays hôte et plusieurs de ses voisins, dont la responsabilité, les moyens d’actions et de financement sont pourtant énormes.

Moment plus officiel le soir, enfin, avec une séance plénière de bilan convoquée par le président. Après un état d’avancement des différents groupes de travail (inutile de vous faire un topo à ce stade, autant attendre le résultat final dans 3 jours), les porte-paroles de différents pays ou groupes prennent la parole. Plusieurs critiques de l’attitude des pays développés, de la part entre autres du groupe AOSIS (Alliance des Petits Etats Insulaires), du « G77+Chine » et des pays africains. Mais c’est la représentante du Vénézuela qui est la plus explicite : les pays développés devraient avoir pour absolue priorité de réduire leurs émissions, mais tout ce qu’on voit, ce sont des mécanismes de marché qui enrichiront les riches. La Bolivie enchaine dans le même sens.

Autre intervention notable, celle de la Suisse, au nom du « Groupe de l’intégrité environnementale ». Un peu dépassé, je pensais qu’il était toujours constitué de la Suisse, donc, de la Corée du Sud et du Mexique. J’ignorais la présence de deux nouveaux membres : Monaco et le Lichtenstein. Les paradis fiscaux se mobilisent pour un monde meilleur, je rêve ! Le financement de l’adaptation est une des principales pierres d’achoppement ici, et le Lichtenstein, Monaco et la Suisse viennent nous parler d’intégrité environnementale. Ça n’a l’air de faire tiquer personne, en plus.

On ne résoudra ni la crise environnementale ni la crise sociale sans s’attaquer à leurs racines, dérives de la finance en tête. Dans ce processus climatique, on est tout à l’inverse, et ceci en est sans doute le plus bel exemple.  Du coup, un peu sonné, je n’ai pas écouté ce qu’il disait, le monsieur. Désolé…

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