jeudi 29 novembre 2012

La fuite en avant (et un peu d’optimisme à la fin)

Il a fallu attendre 1997 pour voir signer le protocole de Kyoto, et atteindre enfin une reconnaissance internationale du caractère vital de la baisse de nos émissions de gaz à effet de serre.
A l’époque, beaucoup refusaient de parler d’adaptation au changement climatique ; il s’agissait de faire baisser les émissions, de « régler le problème ». Se préparer à s’adapter, c’était anticiper l’échec, et il en était hors de question. Bien vite, on s’est rendu compte que les choses iraient bien trop lentement, que le processus était déjà bien trop avancé, et qu’il allait falloir se préparer. Les politiques d’adaptation ont pris depuis une place de choix dans les négociations.

L’étape suivantes, initiée il y a quelques années, est à l’agenda de beaucoup de participants à la conférence de Doha.  « Loss and damage », pour « pertes et dégâts » générés par les modifications du climat, quoique l’on fasse dorénavant. Parce que chacun joue toujours à protéger son pré carré,  que les émissions augmentent tous les ans - pas de taxe sur les transactions financières pour soutenir la transition, parce qu’il faut protéger la City - pas de réduction ambitieuse parce que j’ai du charbon - pas d’objectif pour moi parce que c’est toi qu’as commencé, oui ben pour moi non plus parce que c’est moi qui décide... - et qu’en conséquence l’adaptation elle-même ne suffira plus.

Pertes de rendements agricoles, sécheresses, inondations et autres événements climatiques…  Les  pays et les populations les plus vulnérables au sein de ceux-ci, seront les premiers à … ne pas payer, car ils ne pourront pas. Plusieurs acteurs exigent donc que soit mis en place un mécanisme qui leur vienne en aide, une sorte de caisse d’assurance alimentée par les plus responsables et les plus capables. Et bien sûr ces aspirations sont légitimes, et bien sûr nous devons les soutenir fortement, c’est une évidence. Mais dans quelle situation pathétique se sont mis les grands émetteurs, qui continuent à promouvoir, voire subventionner, des modèles économiques  tellement destructeurs, pour en arriver à ces extrémités…

En dehors de ça, difficile de se prononcer sur l’état des négociations après cette journée, tout est encore très lent, les informations parfois contradictoires, mais de manière générale elles n’incitent pas à un grand optimisme.

Sinon, je viens de recevoir le lien vers le petit film « Sing for the Climate ». Pour être honnête, j’étais franchement négatif quand j’ai entendu parler de l’initiative, l’impression que des actions gentillettes comme celle-là ne servaient à rien.  Mais je me suis trompé et ça m’a fait du bien de regarder ça. Bravo au CNCD et à 11.11.11 pour leur énergie.

le clip "Sing for the Climate"

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